Vote accession Monténégro à l’OTAN : e renforcement d’une logique euro-atlantiste belliciste

Marion Maréchal-Le Pen a voté contre l’intégration du Monténégro à l’OTAN, jeudi 1 décembre.

Ces dernières années, l’OTAN multiplie l’intégration d’Etats d’Europe centrale et orientale pour établir une barrière entre l’Ouest et l’Est. L’’intégration du Monténégro entre dans cette démarche pro-active d’une OTAN qui durcit sa position vis-à-vis de la Fédération de Russie.

Le déploiement de soldats de l’OTAN, la multiplication de ses bases et le renforcement de
son système anti-missile balistique entraine l’Europe dans une logique de choc entre blocs allant à  l’encontre de la tradition non-alignée de la diplomatie française.

L’intégration du Monténégro est surprenante alors que cet Etat est une plateforme de contrebande de cigarettes qui alimente les finances de groupes terroristes islamistes. Son inclusion cristallise les tensions dans cette région, notamment avec la Serbie. Le véritable danger qui devrait mobiliser les Européens n’est pas la menace russe mais le péril islamiste.

Attachés à un monde multipolaire pacifié et respectueux des souverainetés, les élus patriotes réclament la sortie de la France de l’OTAN au sein de laquelle la droite l’avait réintégrée en 2008. Le Front National souhaite la sauvegarde de notre stratégie de dissuasion nucléaire à laquelle notre pays a lié son indépendance.

Loi biodiversité : non à la bobo-écologie punitive !

Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont voté mardi 24 mars contre le projet de loi sur la biodiversité.

Les acteurs des territoires se sont retrouvés exclus des discussions qui les concernent pourtant au premier chef. Un tel procédé démontre le mépris du gouvernement et des Verts à l’encontre de nos concitoyens de la ruralité au moment même où le Premier ministre effectue une tournée électoraliste dans nos terroirs abandonnés.

L’Agence française de la Biodiversité est un prototype UMPS : Ségolène Royal a concrétisé les rêves de Dominique Voynet et de Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette énième structure administrative constitue un outil punitif qui permet à l’Etat d’appliquer aux territoires ruraux sa vision citadine de l’écologie.

Les députés « écologistes » ont profité du calendrier électoral pour faire triompher leur sectarisme en détruisant l’activité de chasse et ses traditions. Les chasseurs sont sensibles à la préservation de l’équilibre de la biodiversité : les présenter comme des ennemis de la nature est une erreur qui présente le risque de supprimer à terme toute forme de chasse.

Nos compatriotes ruraux sont soumis à des décisions imposées par des idéologues déconnectés des réalités. La biodiversité ne peut être efficacement défendue sans l’apport du vécu et des connaissances des acteurs de la ruralité.

Sécurité et lutte contre le terrorisme

Marion Maréchal-Le Pen est intervenue en séance publique sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme le 27 novembre 2012.

Mme Marion Maréchal-Le Pen.Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le sujet est grave, si grave qu’il nous conduit ce soir à oublier quelque peu nos étiquettes politiques pour nous retrouver autour d’une volonté commune : la lutte contre le terrorisme. C’est pourquoi, vu l’opportunité de mesures comme l’extension de la compétence des tribunaux français ou l’extension des condamnations, M. Collard et moi-même voterons ce texte.

Permettez-moi cependant d’apporter un certain nombre de pistes de réflexion, peut-être moins évidentes et un peu différentes de celles qui ont été conduites jusqu’à présent.

Qui sont ces terroristes ? De Khaled Khelkal à Mohamed Merah en passant par Zacharias Moussaoui, pourquoi des personnes d’origine extra-européenne et souvent de nationalité française choisissent-elles le terrorisme au nom du djihad contre les pays qui les ont accueillis, un pays qui, dans le cas de la France, a pourtant fourni à leurs familles allocations familiales, école gratuite, sécurité sociale, ainsi qu’un niveau de vie, des droits fondamentaux et une sécurité largement supérieurs à ceux existant dans leur pays d’origine. Il ne faut pas se mentir : la misère sociale n’est pas la seule cause de ces dérives. D’autres, plus indirectes, sont à étudier.

Il y a déjà un certain échec de l’école de la République, qui n’a pas su intégrer ou au moins faire respecter la France.

Il y a ensuite le rôle de la repentance dans la banalisation du rejet de notre pays, de ses institutions, de ses lois et de ses coutumes. À l’heure où la majorité de gauche au Sénat dépose chaque mois de nouvelles propositions de lois mémorielles, dont le seul but est de rouvrir les plaies du passé, la question de l’opportunité de ces débats mérite d’être posée.

Peut-on aimer un pays dépeint à longueur d’ouvrages d’histoire comme un repaire de colons tortionnaires ? Peut-on respecter un pays dont la police de la République, selon ce qu’affirme le Président, par un jugement biaisé et sélectif, aurait envoyé dans la Seine des centaines de manifestants prétendument pacifiques ?

On ne peut évidemment pas. L’histoire utilisée comme arme politique s’est aujourd’hui retournée contre vous.

Comme l’a justement souligné le 14 novembre au journal Le Nouvel Économiste un membre du Haut conseil à l’intégration, Mme Malika Sorel, à force de cultiver le registre de la repentance, on a fini par totalement déprécier la notion d’identité française.

De là, la mécanique est simple : puisque le patriotisme est ringard, puisqu’il n’y a aucune raison d’aimer la France pour ses valeurs ou son histoire, puisque la croissance n’est pas là pour offrir à tous une reconnaissance sociale et une émancipation professionnelle, certains cherchent ailleurs un idéal, et, faute de le trouver dans la consommation et le matérialisme ambiant, la spiritualité est une voie qui peut fournir le prétexte aux dérives.

Dans les banlieues, où les jeunes en mal d’identité se trouvent souvent désœuvrés au milieu de la délinquance et des trafics, l’islamisme trouve un terreau favorable et gagne tous les jours plus de place face à l’islam modéré.

Cet islamisme est hybride, il se caractérise par un mélange de criminalité et de religion dévoyée. Tous les criminologues l’affirment, notamment Xavier Raufer.

Les terroristes sont pour la plupart issus du banditisme ou de la délinquance. Ils ne trouvent en l’islamisme qu’un prétexte, une justification à leur volonté destructrice, à leur haine de la France et de tout ce qui la représente.

Ainsi, avant de parler de terrorisme, il faudrait s’attaquer en priorité à la criminalité. Malheureusement, les premiers mois de la ministre de la justice ont continué la culture de l’excuse et de l’angélisme. La justice ne condamne plus fermement les crimes et délits, 82 000 peines de prison de moins de deux ans fermes par an ne sont plus appliquées.

Tant que l’immigration continuera et aggravera le sort des enfants d’immigrés déjà présents, la haine de notre pays se perpétuera et l’islamisme radical se développera. Comme l’a souligné encore Malika Sorel, en naturalisant à tour de bras des gens qui ne sont pas Français et qui n’adhèrent en rien à la culture française, on a institutionnalisé l’idée de « Français de papiers ».

Mme Marion Maréchal-Le Pen. On peut aujourd’hui être Français de fait mais ne rien avoir en commun avec la société française. Sur ce point, l’exemple de Souad Merah est particulièrement criant. L’apologie du terrorisme ou toute condamnation en lien avec une entreprise terroriste devrait entraîner la perte immédiate et automatique de la nationalité pour les Français naturalisés ou les binationaux. Il était indispensable de marquer le coup.

Le fait de vouloir simplement prolonger des mesures censées être temporaires est symptomatique de cette habitude des gouvernements de droite et de gauche d’écoper l’eau sans colmater les brèches. On aura beau poursuivre partout en France les apprentis terroristes qui se sont entraînés au Pakistan ou ailleurs, tant que l’école dégradera l’estime que les jeunes ont de la France, tant que la justice sera molle et que la police continuera de travailler trop souvent en vain, tant que la misère continuera de gagner du terrain, cette loi, comme tant d’autres, ne fera que combler trop faiblement les voies menant à la criminalité et au terrorisme.

Mobilisation du foncier public en faveur du logement

Marion Maréchal-Le Pen est intervenue en séance publique sur le thème de la mobilisation du foncier public en faveur du logement le 20 novembre 2012.

Mme Marion Maréchal-Le Pen.Monsieur le président, madame la ministre, madame la rapporteure, chers collègues, après la censure par le Conseil constitutionnel de la baisse des rémunérations du Président et du Premier ministre, nous rattrapons aujourd’hui celle de la loi SRU.

Devant mon bureau, j’ai pu assister la semaine dernière à la médiatique prestation du maire de Sevran qui, non content de mener sa ville à la faillite, se voit contraint, face à l’impasse, de crier son incompétence sur les toits.

Vous ne m’empêcherez pas de voir dans ce bel exemple les ravages de la gestion communiste et écologiste en Seine-Saint-Denis, obsédée par une mixité sociale tirée vers le bas et une immigration inconsidérée. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et écologiste.)

Après avoir concentré des populations pauvres, en très grande partie issues de pays à faible niveau de vie, dans une même zone géographique, et en leur donnant accès à tout l’éventail des droits sociaux, dont le logement, certains s’étonnent naïvement que les recettes soient insuffisantes pour financer les dépenses…

J’aimerais voir autant de vigueur de la part du Gouvernement pour favoriser la mixité sociale dans l’autre sens, j’entends celle qui développe l’accès à la propriété, notamment pour les ménages modestes, dans les communes où les logements sociaux dépassent déjà un certain seuil.

L’accès populaire à la propriété responsabilise et met fin aux dégradations incessantes, avec pour conséquence de diminuer le coût des dispositifs publics pour la remise en état des bâtiments.

Elle permet aux ménages de se constituer un patrimoine et de s’élever socialement.

Au lieu de cela, vous préférez durcir les obligations de construire et augmenter les amendes pour tous, plutôt que d’adapter la loi SRU aux possibilités concrètes de chaque commune et mettre au pas les maires faisant preuve d’une réelle mauvaise volonté politique.

Au passage, vous ne prenez pas en compte les particularismes de certaines communes, dont les contraintes en termes de foncier disponible peuvent être un obstacle.

Vous pénalisez les communes de province qui connaissent un habitat pavillonnaire dominant, rendant beaucoup plus difficile l’application des 25 %.

Il y aurait pourtant bien d’autres pistes à suivre, à commencer par la réalisation d’un audit sur les conditions d’occupation actuelles des logements sociaux, un audit sur les organismes publics de l’habitat afin de vérifier que les règles concernant le surloyer sont bien appliquées. On pourrait aussi optimiser le taux de rotation des locataires, ou renforcer les sanctions pour les bénéficiaires de logements de mauvaise foi, qui ne payent pas leurs loyers ou qui effectuent des dégradations.

La mauvaise adéquation des offres aux besoins des ménages est souvent un obstacle à la rotation des logements, alors que les contrôles de l’évolution de la situation des bénéficiaires sont inefficaces ou insuffisants.

L’autre problème majeur relève de l’attractivité des parcs sociaux. Pour ne prendre que l’exemple de Carpentras, le parc social dit des Amandiers souffre de dizaines de logements sociaux vacants. Les familles en situation précaire refusent de s’y voir loger, risquant de se retrouver dans des endroits où l’insécurité et l’incivilité sont de mise, où les parties communes sont systématiquement dégradées, où il ne fait pas bon être le mâle blanc ou mauvais musulman.

Enfin, l’abandon de toute politique d’aménagement du territoire volontariste conduit la population à se concentrer dans la région parisienne et dans quelques grandes agglomérations, en abandonnant les milieux ruraux, entraînant ainsi un taux extrêmement faible de réponses favorables aux demandes de logements sur ces territoires.

Je reviendrai sur les propositions que nous avions faites lors du premier examen de ce texte. Gilbert Collard et moi-même avions présenté un amendement demandant simplement la transparence dans les commissions d’attribution des logements sociaux. Sans même prendre la peine de me répondre ou d’en débattre, vous avez tous, du PC à l’UMP, refusé de voter cette proposition. Pour certains maires, et je ne pense pas uniquement à M. Kaltenbach, il n’y a sans doute rien à gagner à jouer la transparence.

Nous avions ensuite demandé de réfléchir à la mise en place d’une priorité nationale et européenne dans l’octroi des logements sociaux. Je le redis aujourd’hui : la crise du logement n’est pas tant une crise de l’offre que de la demande, entretenue par des facteurs sociologiques connus, certes, mais également par la pression migratoire.

Selon les critères d’attribution, celui qui arrive sans rien sera toujours servi avant celui qui a peu, fût-il Français. Telle est l’injustice de notre système, tel est le germe de sa faillite compte tenu de la mondialisation et de l’ouverture des frontières.

Mais ni certains politiques, qui s’offrent une image de grand cœur à bon compte, ni les intérêts des entreprises du bâtiment, ni les copinages qui germent dans la gestion des offices HLM ne font qu’on cherche réellement les causes de la crise du logement. Qu’importe pour eux, c’est la collectivité qui paye.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, Gilbert Collard et moi-même nous opposerons donc à nouveau à ce texte.

Marion Maréchal-Le Pen fustige les mauvais remèdes du gouvernement Ayrault concernant l'Education nationale

Marion Maréchal-Le Pen est intervenue en séance publique le 8 novembre 2012 à propos du projet de loi de finances pour 2013.

Mme Marion Maréchal-Le Pen.Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, après la France pour tous, les papiers pour tous ou le mariage pour tous, voici la réussite pour tous.

Telle est la belle promesse que vous affichez pour ce premier budget du quinquennat.

Au-delà des mots, la question se pose de savoir si l’objectif est réalisable.

Pour guérir un malade, encore faut-il poser le bon diagnostic. En matière d’éducation, la gauche – et excusez-moi de dire qu’en cela elle a contaminé l’UMP – a toujours posé le mauvais, en considérant que les problèmes de l’école étaient avant tout la conséquence d’un manque de moyens.

Ce postulat erroné lui a permis d’occulter les véritables problèmes qui affectent notre système éducatif : l’insuffisante acquisition des connaissances de base ; la dégradation des conditions d’apprentissage ; les incohérences dans l’affectation du personnel enseignant ; les désastres de certaines réformes pédagogiques.

Le gouvernement Ayrault applique une fois de plus les mauvais remèdes : alors que le budget de l’enseignement constitue déjà le premier poste du budget de l’État, il prévoit de l’augmenter de près de 7 % sur quatre ans.

Cet effort financier doit permettre de remplacer l’intégralité des départs à la retraite et de créer environ 60 000 postes en cinq ans. Et ce, sans compter la création des emplois d’avenir professeur, instaurant un corps enseignant à deux vitesses et dévalorisant la majorité des enseignants.

S’il convenait de mettre un terme au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux décidé de manière bêtement comptable par Nicolas Sarkozy, ces perspectives de recrutement semblent financièrement excessives au regard des sacrifices exigés dans les autres missions de l’État.

La réalité est que l’école de la République ne cesse de se désagréger en s’éloignant de son rôle.

L’augmentation des crédits n’est pas la solution miracle, et le sauvetage de l’école ne se fera qu’avec une réforme des politiques éducatives ambitieuse.

Dès le primaire, mieux vaudrait se recentrer sur l’apprentissage des matières fondamentales que sont le calcul, la lecture et l’écriture et cesser de se perdre dans les errances du pédagogisme avec l’introduction de matières comme l’histoire de l’art qui n’ont pas leur place dans le socle des connaissances fondamentales nécessaires à la poursuite du parcours scolaire.

Mieux vaudrait ouvrir et revaloriser l’apprentissage dès 14 ans, sans condition de suivi de la troisième, plutôt que de s’acharner à maintenir des élèves qui manifestement ne se plaisent pas dans le parcours scolaire classique.

Mieux vaudrait revoir l’encadrement des élèves, par exemple en rétablissant la fonction de surveillant général dans le secondaire, cadre indispensable pour prendre en charge les élèves punis et s’assurer que les sanctions sont effectuées, en complément du CPE qui a une mission d’écoute et d’animation éducative.

Mieux vaudrait donner les moyens à l’ensemble des élèves d’une classe d’étudier dans des conditions correctes de silence, de sécurité et de respect de l’autorité du maître, en cessant de saturer des programmes scolaires toujours achevés dans la précipitation, malgré un nombre d’heures de cours importants.

Il ne faut pas oublier que l’élève est là pour apprendre, pour fournir des efforts, et qu’il doit aussi respecter le cadre institutionnel. Ce n’est pas toujours à l’école de s’adapter, d’aménager des programmes ludiques, des cours de suivi personnalisé, au demeurant souvent peu efficaces, qui ont non seulement un coût, mais qui se font souvent au détriment des autres élèves.

J’en veux pour exemple le programme personnalisé de réussite éducative, consistant à retirer deux heures hebdomadaires à l’ensemble d’une classe pour l’octroyer au petit groupe d’élèves en échec. Comme les élèves en question ne sont souvent pas demandeurs et donc non coopérants, les résultats sur l’évolution de leur niveau sont quasiment nuls, je me fonde sur le témoignage d’une directrice d’école.

Mieux vaudrait remettre à plat un certain nombre de dépenses parfois ahurissantes, notamment en ZEP, eu supprimant par exemple les cours d’arabe pour les primaires, (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) quand même l’anglais n’est pas dispensé par des professeurs spécialisés.

Ces ZEP sont, du reste, une partie intégrante de l’échec de la politique de la ville, dénoncée par la Cour des comptes cette année.

La liste des chantiers est longue.

En définitive, plutôt que de multiplier les politiques de soutien coûteuses et souvent désespérées, il faut rétablir le corps enseignant dans sa mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux, le tout en faisant une chasse sans merci aux gaspillages de compétences, notamment dans l’allocation de la ressource enseignante.

Votre rapport souligne à juste titre qu’une proportion toujours trop élevée d’élèves ne maîtrise pas la langue française, les mathématiques ou la grammaire de base. Ce n’est pas la politique du bac pour tous qui arrive à dissimuler la baisse tendancielle du niveau des étudiants !

Prenant acte que tous les ministres, y compris Claude Allègre, ayant voulu bousculer les habitudes de l’éducation nationale ont échoué, vous faites le choix de plaire à bon compte, de payer votre dette électorale traditionnelle à certains milieux syndicaux. Mais cela ne résoudra aucun problème ! L’angélisme éducatif risque à nouveau de mener à l’échec votre Gouvernement, les élèves et les professeurs qui ne sont plus dupes.

Marion Maréchal-Le Pen refuse le traité d'amitié et de coopération avec l'Afghanistan tel que présenté par le Gouvernement

Intervention en séance publique, Première séance du mercredi 25 juillet 2012

Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, nous sommes appelés à nous prononcer sur un traité d’amitié et de coopération avec l’Afghanistan – permettez-moi au préalable une pensée émue et patriote pour nos soldats français morts en Afghanistan.
Il me semble particulièrement paradoxal qu’au lendemain d’une discussion sur le harcèlement sexuel, et après vos discours de campagne sur la parité, vous nous proposiez un accord avec un pays dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas en pointe sur les droits des femmes…
Je ne suis pas sans connaître les intérêts stratégiques que représente l’Afghanistan ; mais permettez-moi d’émettre un doute quant à l’honnêteté intellectuelle du texte qui nous est présenté.
Ainsi, il est fait allusion, en référence à l’État français et à son homologue afghan, aux « liens d’amitié anciens et profonds qui unissent leurs peuples ». Je serais curieuse de savoir ce qu’« anciens » veut dire pour les rédacteurs de ce traité, les premiers accords de coopération ayant été signés en 1963 pour la santé, en 1966 pour la culture et la technique et en 1969 pour l’agriculture.
Ensuite, il est annoncé dans l’article 1er que « les autorités compétentes des parties coopèrent sans réserve dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et les trafics de stupéfiants ». Il est certain, mes chers collègues, qu’en termes de crime organisé et de trafics de stupéfiants, M. Karzaï semble être un spécialiste : des dizaines et des dizaines d’articles de presse font état d’une corruption galopante et d’un trafic de drogue à grande échelle en Afghanistan, couverts par les autorités avec lesquelles vous voulez que nous concluions le présent traité !
Pour ne prendre qu’un exemple récent, l’Express égrenait cette semaine les affaires du clan Karzaï, comme celle de la Kabul Bank – un détournement de 900 millions de dollars qui a mis l’établissement en quasi-faillite. La situation y est ainsi résumée : « Depuis son arrivée au pouvoir, le président n’a cessé de renforcer le poids de son clan ; en dix ans, les Karzaï sont devenus très riches, ils constituent aujourd’hui une véritable mafia. » À tel point que le Congrès américain a demandé aux autorités d’enquêter sur « le montant des fonds publics volés et détournés » dont auraient bénéficié le président Karzaï et sa famille.
À ceci s’ajoute le manque de coopération des intéressés. Le New York Times relatait ainsi que « le président Karzaï n’a pas donné suite aux demandes répétées d’enquêtes sur le trafic et la culture du pavot dans la province gérée par feu son frère Ahmed Wali Karzaï ».
Par ailleurs, l’intervention en Afghanistan se solde, sur le plan militaire et politique, par un échec. Les talibans sont toujours plus agressifs ; les zones dites sécurisées sont systématiquement attaquées ou sont le théâtre d’attentats meurtriers ; l’armée nationale afghane est profondément infiltrée.
Rien ne nous garantit que les autorités actuellement en charge survivront au départ des troupes de l’OTAN. Et pourtant, le présent traité nous demande d’envoyer médecins, ingénieurs, personnels techniques, enseignants et gendarmes. Monsieur le ministre, mes chers collègues, est-il bien sensé d’exposer ainsi, sans protection efficace, des citoyens français ?
Dans l’article 8 du traité que vous nous soumettez aujourd’hui, on lit encore : « Une attention particulière est portée à la protection des droits des femmes et leur accès à la justice ». Est-ce pour soulager votre mauvaise conscience ou plutôt celle du précédent gouvernement qu’un pareil article a été inscrit ? Tout le monde sait dans cette assemblée qu’il est purement cosmétique.
Le même article 8 évoque l’appui de la France dans « le renforcement de l’état de droit ». Oserai-je rappeler que M. Karzaï a été élu au terme d’une fraude massive ? Dans une dépêche de L’AFP, le représentant spécial de l’ONU, Kai Eide, a confirmé des fraudes « considérables » dans un « certain nombre de bureaux de vote ».
Gilbert Collard et moi-même ne voterons pas le présent traité. Non pas que nous méprisions le peuple afghan, non que nous méprisions les intérêts stratégiques de notre pays, non que nous voulions nier l’influence culturelle de la France, mais simplement parce qu’il y a des limites à la tartufferie.
La représentation nationale, en définitive, n’a pas à ratifier un traité qui risque de rester une simple déclaration de principes.
Je regrette l’absence du ministre des affaires étrangères : je l’aurais invité à se replonger dans l’œuvre de Rudyard Kipling qui, dans son poème prophétique Arithmétique sur la frontière afghane, mettait en garde ses compatriotes contre les redoutables combattants afghans.

Marion Maréchal-Le Pen dénonce les conséquences des manoeuvres comptables de Goldman Sachs

Intervention en séance publique, Troisième séance du 19 juillet 2012

Madame la présidente, monsieur le ministre délégué chargé du budget, chers collègues, au travers de ce compte d’affectation spéciale qui retracera seulement une partie des sommes que nous devons engager pour maintenir au forceps la Grèce dans l’euro, nous payons les conséquences des manœuvres comptables orchestrées par la tristement célèbre banque d’affaires Goldman Sachs. Celle-ci a en effet conseillé le gouvernement grec lors de son entrée dans la zone euro en 2001, l’invitant par des mécanismes sophistiqués dits de swap à masquer une partie de sa dette déjà préoccupante. Sans ces dissimulations, la Grèce n’aurait probablement pas rempli les critères de convergence et nous n’en serions pas là.

Cette même banque accumule parallèlement des profits indécents, des milliards de dollars, sans que sa responsabilité en soit plus recherchée. Guère étonnant lorsque l’on constate que de la BCE au département du trésor américain en passant par la présidence du conseil italien, les ex-dirigeants de cette firme tentaculaire sont partout aux avant-postes.

Le scénario est toujours le même : qu’il s’agisse des emprunts toxiques aux collectivités, de la crise des subprimes ou du brûlant scandale du Libor, les banquiers spéculent et les contribuables payent. Ne peut-on pas dès lors s’étonner de retrouver nombre de banques impliquées dans ces affaires aux avant-postes du palmarès des établissements conseil en fusion-acquisition en Europe, y compris en France ? Je serais du reste intéressée de savoir si des entreprises publiques ou recevant des aides publiques leur confient encore des mandats… Il est à craindre que oui.

Monsieur Cahuzac, vous appeliez à juste titre ce matin à ce que ces banquiers soient traduits en justice, voire mis en prison. Le président Hollande, lui, avait fustigé « l’ennemi sans visage » qu’est la finance internationale. Il est de votre devoir d’agir concrètement et non de subir, pour que les contribuables français ne soient pas toujours les éternels pigeons face à la cupidité sans fond des requins de la finance internationale.

Marion Maréchal-Le Pen demande que soit mis à l'étude le rétablissement de la TIPP flottante

Intervention en séance publique, Deuxième séance du 19 juillet 2012

Je suis surprise que l’UMP s’intéresse soudain à un éventuel rétablissement de la TIPP flottante et je ne puis donc qu’inviter les membres de ce groupe à voter en faveur de notre amendement. En effet, nous souhaiterions que soit mis à l’étude le rétablissement de cette TIPP flottante, mécanisme créé en 2000 par le gouvernement Jospin, et supprimé, un peu rapidement sans doute, en 2002.

Nous aimerions donc que l’impact du rétablissement de ce mécanisme soit présenté au Parlement à l’occasion de la discussion de la loi de finances pour 2013. L’initiative de cette remise au goût du jour est d’ailleurs le fait du candidat François Hollande, qui l’a évoquée le 15 mars dernier par l’intermédiaire de son porte-parole sur les questions économiques, M. Michel Sapin. Une telle mesure vise à amortir l’impact des variations du prix du brut, qui sont amplifiées par le levier de la TVA. De nombreux professionnels, routiers, chauffeurs de taxi, artisans, appellent de leurs vœux cette modulation de la TIPP, rebaptisée d’ailleurs TICPE en 2011. Un retour à la stabilité des prix à la pompe est indispensable à la gestion prévisionnelle des usagers de véhicules utilitaires.

Vous pourriez, certes, m’opposer le phénomène de l’érosion des recettes fiscales en cas de hausse continue du prix du brut. Mais tel n’est plus nécessairement le cas désormais. Le lissage du prix des produits énergétiques pourrait donc, à l’horizon 2013, être partagé entre l’État, les consommateurs et les sociétés pétrolières.

Voilà, brièvement exposé, le sens de notre amendement. Réfléchissons sereinement à une formule abandonnée en 2002 et relancée en 2012 par le programme même du candidat élu.

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