8 novembre 2012 webmaster

Marion Maréchal-Le Pen fustige les mauvais remèdes du gouvernement Ayrault concernant l'Education nationale

Marion Maréchal-Le Pen est intervenue en séance publique le 8 novembre 2012 à propos du projet de loi de finances pour 2013.

Mme Marion Maréchal-Le Pen.Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, après la France pour tous, les papiers pour tous ou le mariage pour tous, voici la réussite pour tous.

Telle est la belle promesse que vous affichez pour ce premier budget du quinquennat.

Au-delà des mots, la question se pose de savoir si l’objectif est réalisable.

Pour guérir un malade, encore faut-il poser le bon diagnostic. En matière d’éducation, la gauche – et excusez-moi de dire qu’en cela elle a contaminé l’UMP – a toujours posé le mauvais, en considérant que les problèmes de l’école étaient avant tout la conséquence d’un manque de moyens.

Ce postulat erroné lui a permis d’occulter les véritables problèmes qui affectent notre système éducatif : l’insuffisante acquisition des connaissances de base ; la dégradation des conditions d’apprentissage ; les incohérences dans l’affectation du personnel enseignant ; les désastres de certaines réformes pédagogiques.

Le gouvernement Ayrault applique une fois de plus les mauvais remèdes : alors que le budget de l’enseignement constitue déjà le premier poste du budget de l’État, il prévoit de l’augmenter de près de 7 % sur quatre ans.

Cet effort financier doit permettre de remplacer l’intégralité des départs à la retraite et de créer environ 60 000 postes en cinq ans. Et ce, sans compter la création des emplois d’avenir professeur, instaurant un corps enseignant à deux vitesses et dévalorisant la majorité des enseignants.

S’il convenait de mettre un terme au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux décidé de manière bêtement comptable par Nicolas Sarkozy, ces perspectives de recrutement semblent financièrement excessives au regard des sacrifices exigés dans les autres missions de l’État.

La réalité est que l’école de la République ne cesse de se désagréger en s’éloignant de son rôle.

L’augmentation des crédits n’est pas la solution miracle, et le sauvetage de l’école ne se fera qu’avec une réforme des politiques éducatives ambitieuse.

Dès le primaire, mieux vaudrait se recentrer sur l’apprentissage des matières fondamentales que sont le calcul, la lecture et l’écriture et cesser de se perdre dans les errances du pédagogisme avec l’introduction de matières comme l’histoire de l’art qui n’ont pas leur place dans le socle des connaissances fondamentales nécessaires à la poursuite du parcours scolaire.

Mieux vaudrait ouvrir et revaloriser l’apprentissage dès 14 ans, sans condition de suivi de la troisième, plutôt que de s’acharner à maintenir des élèves qui manifestement ne se plaisent pas dans le parcours scolaire classique.

Mieux vaudrait revoir l’encadrement des élèves, par exemple en rétablissant la fonction de surveillant général dans le secondaire, cadre indispensable pour prendre en charge les élèves punis et s’assurer que les sanctions sont effectuées, en complément du CPE qui a une mission d’écoute et d’animation éducative.

Mieux vaudrait donner les moyens à l’ensemble des élèves d’une classe d’étudier dans des conditions correctes de silence, de sécurité et de respect de l’autorité du maître, en cessant de saturer des programmes scolaires toujours achevés dans la précipitation, malgré un nombre d’heures de cours importants.

Il ne faut pas oublier que l’élève est là pour apprendre, pour fournir des efforts, et qu’il doit aussi respecter le cadre institutionnel. Ce n’est pas toujours à l’école de s’adapter, d’aménager des programmes ludiques, des cours de suivi personnalisé, au demeurant souvent peu efficaces, qui ont non seulement un coût, mais qui se font souvent au détriment des autres élèves.

J’en veux pour exemple le programme personnalisé de réussite éducative, consistant à retirer deux heures hebdomadaires à l’ensemble d’une classe pour l’octroyer au petit groupe d’élèves en échec. Comme les élèves en question ne sont souvent pas demandeurs et donc non coopérants, les résultats sur l’évolution de leur niveau sont quasiment nuls, je me fonde sur le témoignage d’une directrice d’école.

Mieux vaudrait remettre à plat un certain nombre de dépenses parfois ahurissantes, notamment en ZEP, eu supprimant par exemple les cours d’arabe pour les primaires, (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) quand même l’anglais n’est pas dispensé par des professeurs spécialisés.

Ces ZEP sont, du reste, une partie intégrante de l’échec de la politique de la ville, dénoncée par la Cour des comptes cette année.

La liste des chantiers est longue.

En définitive, plutôt que de multiplier les politiques de soutien coûteuses et souvent désespérées, il faut rétablir le corps enseignant dans sa mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux, le tout en faisant une chasse sans merci aux gaspillages de compétences, notamment dans l’allocation de la ressource enseignante.

Votre rapport souligne à juste titre qu’une proportion toujours trop élevée d’élèves ne maîtrise pas la langue française, les mathématiques ou la grammaire de base. Ce n’est pas la politique du bac pour tous qui arrive à dissimuler la baisse tendancielle du niveau des étudiants !

Prenant acte que tous les ministres, y compris Claude Allègre, ayant voulu bousculer les habitudes de l’éducation nationale ont échoué, vous faites le choix de plaire à bon compte, de payer votre dette électorale traditionnelle à certains milieux syndicaux. Mais cela ne résoudra aucun problème ! L’angélisme éducatif risque à nouveau de mener à l’échec votre Gouvernement, les élèves et les professeurs qui ne sont plus dupes.

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